Les PME accusent, les banques

«Relations PME et banques : comment vaincre le mur de méfiance ?», est la problématique qui a été débattue les 23, 24 et 25 mars dernier, lors des Journées nationales promotionnelles des Pme et de l’artisanat (JNPPME-A 2017), sous le parrainage de SEM Amadou Gon COULIBALY, Premier Ministre de Côte d’Ivoire et sous la présidence de Souleymane DIARRASSOUBA, Ministre du commerce, de l’artisanat et de la promotion des Pme. Cette 6ème édition a eu pour cadre, l’espace Latrille sis aux II Plateaux dans la commune de Cocody.
« Nous reprochons aux banques de ne pas financer les Pme. Nous reprochons aux banques de ne pas connaitre suffisamment les Pme. Nous reprochons aux banques de demander trop de garanties avant d’accompagner les Pme », telles sont les critiques des Pme émises à l’endroit des banques par Dr Joseph Boguifo, président de la Fédération ivoirienne des Pme(Fipme), lors de la cérémonie d’ouverture. Il a de ce fait précisé qu’il souhaiterait que cette édition des JNPPME-A, soit la dernière édition qui se penche sur le financement des Pme, tout en espérant trouver enfin une solution idoine au financement des PME par les banques.
Pour rappel, les PME constituent 80% du tissu économique en Côte d’ivoire et contribuent à 18% du PIB. Elles représentent également 23% de l’emploi formel. En 2016, ce sont 1,275 milliards de FCFA qu’elles ont reçu de la part des banques en vue d’un financement. Ce qui constitue le tiers de la somme dont elles ont besoin. Pour cette année 2017, 20% des commandes publiques seront attribuées aux PME contrairement à celles de 2016 qui étaient de 16%.A en croire les responsables de banque, notamment Daouda Coulibaly, Directeur général de la Société Ivoirienne de Banque (SIB), qui a expliqué que le rôle des banques est de collecter de l’épargne et de financer les secteurs qui manifestent ce besoin tel que les Pme. Cependant, a-t-il dit, « le domaine des Pme est beaucoup risqué pour y investir ». Allant dans la même directive, Guy Koizan, Directeur général de Versus bank,a interpellé les entreprises afin d’œuvrer à connaître davantage le fonctionnement des banques. Toutefois, ces difficultés ne sont pas seulement celles de la Côte d’Ivoire, mais aussi des autres pays africains, a révélé Tarak Chérif, président de Connect international, structure regroupant plusieurs PME en Tunisie. « Nous avons les mêmes problèmes. Le fait de se mettre ensemble peut nous aider à trouver des pistes de solution que l’on pourra adapter en fonction des réalités du terrain » et de préciser «sans les banques, nous, les investisseurs ne pouvons rien faire ».Jean Claude Kouassi, ministre de l’Emploi et de la protection sociale, représentant le Premier ministre, Gon Coulibaly a pour sa part, invité àun assouplissement des banques, mais également à une synergie des acteurs de tous les secteurs concernés. Quant à Souleymane Diarrassouba, ministre du Commerce, de l’artisanat et de la promotion des Pme entre autre banquier, il a fait savoir que les banques sans financement des Pme auront du mal à terme, de maintenir un business model pérenne et rentable à moyen terme. « Les Pme également sans le financement pourrait difficilement devenir des Pme rentables et compétitives voir des champions nationaux », dixit-il. Ce qui a suscité de l’espoir chez les responsables de PME parce que lui-même banquier.

-Cyrille GABA